
Conseillé à tous ceux qui pensent que la vie ne leur a pas fait de cadeau
Rafael n’est pas fou. Ce n’est pas non plus un idiot. Alors pourquoi accepte-t-il de se vendre à un producteur de snuff movie pour 30 000 euros et de revenir 3 jours plus tard pour ce boulot, après avoir empochés seulement 250 dollars d'avance? Ce sont dans les racines de ce geste que réside la noirceur inouïe de ce livre de Gregory Mac Donald, bien plus que dans le 3ème chapitre contre lequel l’auteur nous mets pourtant en garde en préambule et qu’il nous autorise à ne pas lire tant ce qui y figure est cruel et réaliste, insupportable. Rafael, ses derniers jours ou comment faire la paix avec soi-même en faisant montre d’une lucidité douloureuse mais salvatrice: Rafael a 21 ans, déjà 3 enfant, mais est conscient que sa vie est déjà terminée, non parce qu’il vient de « signer » un contrat fatal mais parce qu’il n’a aucun avenir et son passé est peu glorieux. Entre alcoolisme, exclusion, misère totale, que lui reste-t-il comme espoir de vie? Si ce n’est aujourd’hui, sans doute pour la première fois de sa vie, il sent qu’il prend enfin le contrôle de son destin et qu’il peut peut-être offrir à sa famille une autre issue que le mépris des honnêtes gens, nés de l’autre côté de l’autoroute, que la crasse, la maladie, l’alcool et la faim, que l’analphabétisme et la décharge publique. Pouvoir offrir à sa femme une robe neuve, à ses amis de galère une dinde et à ses enfants de vrais jouets et un gant de base-ball pour devenir un champion, tout cela, tout cet espoir, il est prêt à le payer mais avec la seule monnaie qu’il ait.
Un livre qu'on lit très vite (191 pages) mais qu'on garde très longtemps en tête tant on est touché par cet homme désespéré, crédule et malmené par la vie, et qui tente simplement de retrouver sa dignité.
Publié en 1991 sous le titre original « the brave », ce roman a été adapté au cinéma par Johnny Depp en 1997. Pour ce livre, l’auteur a obtenu le prix « Trophées 813 du meilleur roman étranger » en 1997.
Premières phrases:
"-Je viens pour le boulot.
Les pieds sur son bureau, un jeune type corpûlent fixa rafaekl de ses yeux bleux avant d'axaminer son corps mince.
-Pourquoi?
Rafael haussa les épaules et détourna le regard"
Morceau choisi :
-Qu'est-ce qu'il y a de mal à aller chercher des trucs dans la décharge? demanda le père.Qu'est-ce qu'il y a de mal à prendre les choses dont les gens ne veulent plus et qu'ils ont jetées?
- Ils veulent pas nous voir là-bas, papa, dit Nito. Pas dans la décharge.
-On va la couper, leur clôture, dit Alessandro
-On m' a dit qu'ils avaient peur qu'on se blesse, dit Nito. Qu'on meure, et qu'on leur fasse un procès.
-Alors voilà, dit le père de Rafael. Ils ont la trouille qu'on se blesse et donc ils nous tirent dessus!