L'histoire de Bone, Dorothy ALLISON
Voici le récit de l'enfance de Ruth Anne Boatwright, petite fille blanche et pauvre de Caroline du Sud. Bone, telle qu'on la surnomme, raconte les jours et les années qui se succèdent auprès de sa mère, abandonnée par le père de Bone, puis veuve de son second mari, et qui finit par épouser "Papa Glen", qui l'aime désespéremment, trop même au point d'en devenir jaloux de la petite fille et d'en devenir violent.Autour d'elles gravite toute la grande famille Boatwright, de la grand-mère qui transmet l'histoire familiale aux oncles ivrognes en passant par les tantes usées par leurs grossesses et les cousins et cousines qui marchent sur les pas de leurs parents.
C'est également un beau portrait de cette Amérique blanche miséreuse, ayant occulté tout espoir de s'élever dans la Société, et pourtant honteuse d'être considérée au même titre que la population noire, comme des microbes parasites qui ne savent que boire, se reproduire et se battre.
Premières Phrases:
"On m'a appélée Bone toute ma vie, mais mon vrai nom est Ruth Anne. C'est ma tante la plus âgée-tante Ruth- qui a choisi de m'appeller comme elle."
Morceaux choisis:
« Beau n'aimait pas beaucoup Glen, il en était incapable, avouait-il, dans la mesure où il ne faisait jamais confiance à un homme qui ne buvait pas. En effet, pour la famille, Glen était ce qui se rapprochait le plus d'un antialcoolique.Beau a craché du coin de la bouche»
(p68)
" Il ne m'a jamais dit : " Ne le dis pas à ta mère," Il n'a jamais eu besoin de le dire. Je ne savais pas comment parler à quelqu'un de ce que je ressentais, de ce qui m'effrayait, de ce qui me couvrait de honte, et me faisait pourtant rester là , debout, sans bouger, désespérée, pendant qu'il se frottait contre moi, et enfouissait son visage dans mon cou. Je ne pouvais pas le dire à maman. Je n'aurais pas su expliquer pourquoi je restais là et le laissait me toucher,"
(p.152)