Le Monstre, Jonathan Kellerman
Editions du seuil, 535 pages
Une neuropsychologue est retrouvée assassinée dans des circonstances particulièrement violentes. Elle travaillait dans une hôpital psychiatrique où sont enfermés de très dangereux psychopathes. Le lien semble facile, d’autant plus qu’un patient, Peake, accusé d’un quintuple meurtre particulièrement sauvage 15 ans plus tôt semble lié à cette affaire. Mais les deux héros récurrents de Kellerman, l’agent Milo et le docteur Delaware ne vont pourtant pas régler l’affaire si facilement, et vont être entraînés dans une enquête retorse et particulièrement glauque
J'ai aimé ce livre, et ce pour au moins 3 raisons :
D’abord pour la description précise et détaillée des personnages et du milieu dans lequel nos héros évoluent cette fois-ci, celui des établissement pénitentiers pour dangereux malades. L’ambiance est pesante et oppressante, et on n’accompagnerait pour rien au monde nos héros dans cet univers de folie, où toute raison semble avoir été oubliée et où les pensionnaires font froid dans le dos.
Ensuite pour le duo parfaitement réussi,complémentaire et original d'un agent, l'inspecteur Milo Sturgis,aux méthodes classiques et terre-à-terre et d'un psychiatre consultant, qui éclaire de ses lumières les motivations de nos semblables, même dans ce qu'elles ont de plus sombres.
Enfin, pour le fait que dans ce livre, on trouve peu de description des états d’âmes des deux héros, de leur vie, ou envies, parfois trop présentes dans certains policiers. La narration y gagne plutôt ici en nous permettant de suivre le raisonnement des enquêteurs pas à pas, de comprendre leurs hypothèses sur ce qui s’est passé et pourquoi, qu’elles soient ensuite jetées aux oubliettes, réajustées ou étoffées. La solution ne nous est pas amenée sur un plateau et nous avons, en tant que lecteur, vraiment l’impression de faire partie de l’enquête, d’être au même niveau que ces héros, qui ne sont pas des surhommes pleins d’une intuition quasi-surnaturelle, (le docteur Delaware émet une hypothèse et nous voyons l’agent Milo lui rétorquer ce que nous -même étions en train de penser) et cela nous confronte vraiment avec ce que peut-être le travail d’enquêteurs, ses passages à vides, ses moments d’égarement, ses révélations.
Premières phrases:
Le géant connaissait Richard Nixon.
Une montagne vivante, imposante, vêtue de toile kaki, avec des cheveux jaunes grisonnants, s'approcha de nous en claudiquant. Milo se raidit. Je ne savais pas comment réagir. Je jetai un coup d'oeil à Franck Dollard. Il n'avait pas l'air de s'inquiéter ; il restait les bras ballants, la bouche impassible sous la moustache grise maculée de tabac.
Une montagne vivante, imposante, vêtue de toile kaki, avec des cheveux jaunes grisonnants, s'approcha de nous en claudiquant. Milo se raidit. Je ne savais pas comment réagir. Je jetai un coup d'oeil à Franck Dollard. Il n'avait pas l'air de s'inquiéter ; il restait les bras ballants, la bouche impassible sous la moustache grise maculée de tabac.
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