Necropolis, Herbert LIEBERMAN
Conseillé à tous ceux qui veulent savoir si le metier de médecin légiste est bien un métier pour eux..
Ce n’est certes pas un boulot facile entre les cadavres et leurs familles , les enjeux politiques et les collègues qui veulent votre place mais quand en plus votre vie privée n’est pas rose, il y a de quoi rester sous la couette.
Mais Paul Konig lui, ne l’entend pas de cette oreille. Confrontée à des multiples affaires de meurtres tous aussi morbides les uns que les autres (deux cependant prennent le dessus et nous tiennent en haleine), et à la disparition inquiétante de sa fille, il se tue à la tâche, peut-être pour oublier, remplissant les rapports d’autopsie, donnant de magistrales leçons à ses élèves et buvant café sur café. C’est que Paul Konig est un personnage comme l’on n’en fait plus (le livre date de 1978), complexe, tourmenté, dévoué à sa cause, mais si humain.
Le rythme est trépidant, et cette écriture hachée peut surprendre au début, mais très vite cette dernière se met au service du message de l’auteur et contribue à la description d’une métropole où les criminels ne dorment jamais et où le désespoir est partout.
Attention cependant aux descriptions froides et cliniques des autopsies qui pourront en rebuter certains.
Premières phrase:
Vendredi 12 avril.8 heures 15. FDR Drive
Gémissements de sirènes. Hurlements de voitures de police qui se ruent vers le nord. Ambulances qui foncent dans leur sillage. En avant la toile d'araignée grise du Queensboro Bridge. Sur l'autre rive, zébrées comme des sucres d'orge, les cheminées de l'usine Con Ed de Ravenswood, qui vomissent leurs fumées vers le ciel.
Morceau choisi:
Un souffle lui répond; quelqu'un respire au bout du fil, mais sans parler. De nouveau un hurlement. Un interminable gémissement plein d'une horreur indicible, et les cheveux de Konig se dressent sur la tête.
"Laissez-la tranquille, hurle-t-il, une note de prière dans la voix. Bande de salauds. Laissez-la tranquille. "
Un nouveau silence; la respiration est toujours là, à l'autre bout du fil. Puis un nouveau hurlement, abominable. Un son tellement horrible, tellement terrifiant, qu'il lui faut à tout prix le faire cesser. Il faut qu'il se l'arrache de la tête.
Il plaque de toutes ses forces le combiné sur le berceau et reste tapi tout tremblant sur son lit, les oreilles encore déchirées par le hurlement, avec, chose étrange, un goût de sel dans la bouche. Il ne se rend pas compte qu'il s'est cassé une dent et que le sang suinte.