Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee
Scout Finch nous narre une partie de son enfance dans les années 30 dans l'Alabama. Son père, Atticus Finch, avocat honnête et intègre est commis d'office pour défendre un ouvrier noir accusé du viol d'une blanche et risquant donc la pendaison. A l'époque de la Grande Dépression, le KKK est encore très influent et ce procès va soulever les passions que la petite Scout va observer de son regard de petite fille.Bon, je vais oser avouer que je n'ai pas adoré ce roman au risque de me faire lyncher car une rapide ballade sur la toile vous confirmera que les critiques sont dithyrambiques, d'autant plus que "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" reçut le prix Putlizer en 1961 et s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier
Le livre est découpé en deux parties distinctes et j'ai cependant aimé chacune de ces deux parties:
La première présente les personnages : Scout bien sûr, mais aussi son grand frère, Jem, leur père Atticus, Calpurnia, leur gouvernante noire et Dill, leur ami de vacances.
Scout, avec sa vision propre de petite fille raconte les petits riens qui font son enfance, de son "allergie" à l'école aux relations avec un grand frère qui devient un adolescent en passant par les punitions reçues qu'elle juge injuste. On perçoit constamment sans qu'il n'intervienne pourtant beaucoup l'influence de son père, homme charismatique qui élève seul ses deux enfants en leur dispensant une éducation humaniste.
Cette partie est ma foi plutôt passionnante mais ressemble finalement davantage à une introduction, et par conséquent en devient longuette.
La seconde partie relate le procès de cet homme, dont le seul crime semble finalement d'être noir dans un pays qui pratique encore la ségrégation raciale. Scout assiste à ce procès et aux remous qu'il va engendrer dans cette bourgade et au sein même de son foyer. Cette partie est également fort intéressante car, au delà de cette affaire, Harper Lee brosse un portrait plutôt sombre de cette société américaine dans les années 30, marquée entre autres par le racisme, la violence et l'hypocrisie de la bienséance.
Mais donc, au final, je n'ai pas été conquise par ce roman: D'abord parce que ces deux parties distinctes, par leur différence, ne s'assemblent selon moi pas assez, ce qui nuit à la structure du roman.
De plus, Harper Lee semble hésiter quand à la narration à adopter ce que d'aucuns ont jugé comme un trait de génie, mais ce qui n'est pas mon cas, optant plutôt pour la version de la maladresse : Tantôt, la narratrice s'exprime à la manière d'une petite fille, avec ses mots et la limite de son âge; tantôt, elle s'exprime comme une adulte: En effet, dès la première page, ne l'oublions pas, la narratrice laisse entendre qu'elle n'est plus la petite fille qu'elle était au moment des évènements qu'elle raconte.
Enfin, plein de détails sont laissés sans réponse, et ce simple fait me laisse la plupart du temps la désagréable sensation que l'auteur s'est tout simplement perdu en chemin: Que se passe-t-il exactement dans la maison des Radley? Qui a bouché le trou dans l'arbre? Pourquoi les enfants appellent-ils leur père par son prénom? Pourquoi Atticus a-t-il cessé de tirer au pistolet ?
Donc, pour résumer un livre culte pour beaucoup que j'oublierai quant à moi assez vite.
Premières Phrases:
"Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisée, ses craintes de ne jamais pouvoir jouer au footbal, il ne s'en préoccupa plus guère."
Morceaux choisis:
« Chester cligna des yeux tellement la lumière de la salle d'audience était forte. il regarda autour de lui avec curiosité. Il avait fréquenté ces salles toute sa vie, mais il n'avait jamais surmonté la peur qu'elles lui inspiraient. Les hommes en robes noire qui dispensaint leur prétendue "justice" du haut de leur banc l'emplissaient de frayeur. C'était même de la terreur qu'il ressentait , inspirée par le pouvoir sans partage que ces hypocrites exercaient sur les Noirs démunis qui comparaissent devant eux. Il n'avait pas peur de ces individus en eux-mêmes. il se rendait bien compte de leur peu d'importance (tout en reconnaissant qu'ils pouvaient parfois être extrêmement pervers). Mais il craignait leur autorité, le pouvoir de vie et de mort qu'ils tenaint entre leur mains."
(p.25-26)
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