La mort en gros sabots, John F. BARDIN

Publié le par pacocado

undefined
Conseillé à tous ceux qui seraient tentés de nouer des relations avec un leprechaun..

 

Le docteur Matthews est psychiatre de son état et reçoit un jour la visite de Jacob Blunt , un patient  qui lui demande d’utiliser ses lumières pour déterminer si il est fou ou pas. Il faut dire que cet homme affirme travailler pour 3 leprechauns (sorte de lutins irlandais) qui le rémunèrent pour effectuer de petites boulots étranges : Porter une fleur différente tous les jours dans les cheveux, siffler dans les salles de concert et liquider des pièces de monnaie. Voilà de quoi émoustiller la curiosité de notre psychiatre qui décide alors de suivre Jacob Blunt à son rendez-vous avec Eustache, l’un des leprechaun,  pour voir de quoi il en retourne exactement. Bien mal lui en as pris…..Car le lendemain, Blunt est convoqué au commissariat : Un meurtre a été commis et la police confie alors au psy la garde de Blunt, qui semble être lié à l’affaire, pour parvenir à élucider son comportement.  Mais l'homme qu'il récupère n'est pas le bon Jacob Blunt.
 

«  Vous parlez  des leprechauns d’Irlande, dit Jacob, alors qu’Eustache est un leprechaun de chez nous. Son père venait d’Irlande, mais Eustache a vu le jour ici, en Amérique, où tout est plus grand et plus beau que partout ailleurs. Pour les leprechauns, c’est pareil ».

 

Mais dès le cinquième chapitre, la magie de ce livre s’estompe, pour devenir un livre bien qu’agréable à lire, plutôt décevant quant  à ce qu’il promettait.  La touche absurde et surréaliste  disparaît totalement au profit d’une enquête classique d’un homme perdu qui veut éclairer les zones d’ombres de son passé et qui ne sait plus très bien où il en est, ni qui il est.  Certes,  le roman contient sa dose de suspense et de rebondissement, et il arrive même parfois que l’on se fasse piéger  par les quelques tours de passe-passe de l’auteur, mais au final, ceux-ci sont  sommes toutes maladroits et les ficelles grossières à l’exemple de cette fin de chapitre alléchante : «J’éprouvais maintenant le besoin de m’étendre et de réfléchir. Il fallait en finir, et passer à l’action. Deux heures plus tard, le repos et la solitude m’aidant, je savais à quoi m’en tenir. Je me rappelais tout ce qui s’était passé. Absolument tout ; du moins, je le croyais. Je connaissais maintenant mes ennemis. J’ignorais le mal que j’avais pu leur faire, mais non celui qu’ils m’avaient fait " Outre le fait qu’il n’explique pas comment il a retrouvé subitement la mémoire, on s’aperçoit dès le chapitre suivant que le narrateur n’a pourtant que très peu  évolué dans sa quête et qu’il n’en sait finalement pas beaucoup plus.

 

De plus, les personnages, peu fouillés ne sont pas toujours très crédibles à l’image de la femme de Matthews qui n’a pas vu ce dernier disparu sans laisser de trace depuis 6 mois, et qui l’accueille comme si il revenait d’acheter le pain.

 
Tout ceci aurait pu être sauvé par une fin magistrale, mais bien loin de cela, la fin bâclée, expédiée même,  n’apportent que des réponses simplettes et simplistes à toutes les questions soulevées au cours de l’intrigue.



Premières phrases:

"Jacob Blunt était mon dernier client. Il entra  dans mon cabinet, un hibiscus écarlate  dans ses boucles blondes , prit place dans une fauteuil en face de mon bureau et annonça:
-Docteur, je crois bien que je perds la boule."

Publicité

Publié dans Thriller

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article