La mort en gros sabots, John F. BARDIN
« Vous parlez des leprechauns d’Irlande, dit Jacob, alors qu’Eustache est un leprechaun de chez nous. Son père venait d’Irlande, mais Eustache a vu le jour ici, en Amérique, où tout est plus grand et plus beau que partout ailleurs. Pour les leprechauns, c’est pareil ».
Mais dès le cinquième chapitre, la magie de ce livre s’estompe, pour devenir un livre bien qu’agréable à lire, plutôt décevant quant à ce qu’il promettait. La touche absurde et surréaliste disparaît totalement au profit d’une enquête classique d’un homme perdu qui veut éclairer les zones d’ombres de son passé et qui ne sait plus très bien où il en est, ni qui il est. Certes, le roman contient sa dose de suspense et de rebondissement, et il arrive même parfois que l’on se fasse piéger par les quelques tours de passe-passe de l’auteur, mais au final, ceux-ci sont sommes toutes maladroits et les ficelles grossières à l’exemple de cette fin de chapitre alléchante : «J’éprouvais maintenant le besoin de m’étendre et de réfléchir. Il fallait en finir, et passer à l’action. Deux heures plus tard, le repos et la solitude m’aidant, je savais à quoi m’en tenir. Je me rappelais tout ce qui s’était passé. Absolument tout ; du moins, je le croyais. Je connaissais maintenant mes ennemis. J’ignorais le mal que j’avais pu leur faire, mais non celui qu’ils m’avaient fait " . Outre le fait qu’il n’explique pas comment il a retrouvé subitement la mémoire, on s’aperçoit dès le chapitre suivant que le narrateur n’a pourtant que très peu évolué dans sa quête et qu’il n’en sait finalement pas beaucoup plus.
De plus, les personnages, peu fouillés ne sont pas toujours très crédibles à l’image de la femme de Matthews qui n’a pas vu ce dernier disparu sans laisser de trace depuis 6 mois, et qui l’accueille comme si il revenait d’acheter le pain.
Premières phrases:
"Jacob Blunt était mon dernier client. Il entra dans mon cabinet, un hibiscus écarlate dans ses boucles blondes , prit place dans une fauteuil en face de mon bureau et annonça:
-Docteur, je crois bien que je perds la boule."