Touche pas à mes deux seins, Martin WINCKLER

Déconseillé à ceux qui ont la phobie des hôpitaux...
Le Pr Goffin est un éminent spécialiste du cancer du sein, réputé et reconnu. Mais les premières pages nous laissent deviner que c'est également une vrai pourriture. Sans doute ne sommes-nous pas les seuls à le penser car, très vite, Goffin est assassiné.
En lisant les faits divers au Pied de Porc, son café préféré, Gabriel Recouvreur, alias le Poulpe, apprend le meurtre ce qui va soudainement le faire plonger dans son passé, 20 auparavan.
Martin Winckler rentre dans l'univers du "Poulpe" avec brio. Certes, l'enquête y est secondaire, l'intrigue plutôt simple et les afficionados du poulpe seront peut-être déçus car le roman n'obéit pas aux règles de base de la série.
Ce dernier n'y est d'ailleurs pas le personnage principal, loin s'en faut puisqu'il partage la vedette avec Bruno Sachs, héros récurent de Martin Winckler, médecin de campagne idéaliste et humaniste et que ce n'est pas lui qui mène l'enquête mais un juge d'instruction intégre.
Celle-ci va d'ailleurs très souvent s''éclipser pour laisser place aux souvenirs respectifs de Gabriel Recouvreur et de Bruno sachs, tout deux amis il y a vingt ans de cela, trainant leurs guêtres dans le même groupe de copains et qui reviennent avec nostalgie sur ces années où ils apprenaient l'amour et l'amitié auprès des jumelles Luciane et Alice, de Charly et de Jean, mais aussi cotoyaient un univers médical où l'altruisme et l'idéalisme rivalisaient avec l'ambition et la cupidité et dans lequel on finira par retrouver le Pr Goffin.
Le Pr Goffin est un éminent spécialiste du cancer du sein, réputé et reconnu. Mais les premières pages nous laissent deviner que c'est également une vrai pourriture. Sans doute ne sommes-nous pas les seuls à le penser car, très vite, Goffin est assassiné.
En lisant les faits divers au Pied de Porc, son café préféré, Gabriel Recouvreur, alias le Poulpe, apprend le meurtre ce qui va soudainement le faire plonger dans son passé, 20 auparavan.
Martin Winckler rentre dans l'univers du "Poulpe" avec brio. Certes, l'enquête y est secondaire, l'intrigue plutôt simple et les afficionados du poulpe seront peut-être déçus car le roman n'obéit pas aux règles de base de la série.
Ce dernier n'y est d'ailleurs pas le personnage principal, loin s'en faut puisqu'il partage la vedette avec Bruno Sachs, héros récurent de Martin Winckler, médecin de campagne idéaliste et humaniste et que ce n'est pas lui qui mène l'enquête mais un juge d'instruction intégre.
Celle-ci va d'ailleurs très souvent s''éclipser pour laisser place aux souvenirs respectifs de Gabriel Recouvreur et de Bruno sachs, tout deux amis il y a vingt ans de cela, trainant leurs guêtres dans le même groupe de copains et qui reviennent avec nostalgie sur ces années où ils apprenaient l'amour et l'amitié auprès des jumelles Luciane et Alice, de Charly et de Jean, mais aussi cotoyaient un univers médical où l'altruisme et l'idéalisme rivalisaient avec l'ambition et la cupidité et dans lequel on finira par retrouver le Pr Goffin.
Bref, un petit roman bien agréable qui se lit en 2 heures, tout à la fois plein d'humour, nostalgie, et de sensibilité.
Une vrai réussite.
Premières phrases:
CHU De Tourmens,
Bloc opératoire n°2, 13h15
-- Bien....Allez, mon garçon, cette fois-ci, je vous laisse terminer...Vous ferez le compte-rendu et nous le relirons ensemble, n'est-ce pas?
L'interne qui vient de lui servir d'aide opératoire n'en croit pas ses oreilles. Le Pr Goffin lui laisse terminer l'intervention! Il regarde la panseuse qui lui tend déjà de quoi faire un surjet. Pendant que son interne referme la cicatrice abdominale, Edouard Goffin, cinquante ans, professeur agrégé de gynécologie- obstétrique à la faculté de médecine de Tourmens, jette ses instruments dans le haricot metallique, s'écarte de la table d'intervention et tend les bras à l'horizontale. L'aide-soignante qui ne le quitte pas d'une semelle se précipite pour lui ôter ses gants, sa blouse et son masque. Il salue l'anesthésiste, remercie la panseuse, encourage une dernière fois l'interne et quitte le bloc. Quelques minutes plus tard, dans le vestiaire où il vient de remettre son costume, Goffin se plante devant le miroir et, hochant la tête d'un air satisfait, ajuste son noeud papillon
Morceau choisi :
--Bref, tout ça pour vous dire que les assassinats, les viols, les escroqueries, on sait très bien ce que c'est , même si on ne les pratique pas tous les jours, parce qu'onarrête pas d'y penser, on n'arrête pas de les imaginer, ça touche notre imaginaire le plus secret, et c'est ça qui nous fait frissoner. ...Alors, quand il passe un film ou un feuilleton policier, on le regarde, même si ce n'est pas terrible, parce qu'on espère toujours qu'on va y trouver quelque chose, un personnage, une anecdote, une image qui va chatouiller la zone où on cache nos petits crimes parfaits à nous, et nous donner le frisson..
(P.85) , Touche pas à mes deux seins, Martin WINCKLER, Editions Le Seuil, 2001.
CHU De Tourmens,
Bloc opératoire n°2, 13h15
-- Bien....Allez, mon garçon, cette fois-ci, je vous laisse terminer...Vous ferez le compte-rendu et nous le relirons ensemble, n'est-ce pas?
L'interne qui vient de lui servir d'aide opératoire n'en croit pas ses oreilles. Le Pr Goffin lui laisse terminer l'intervention! Il regarde la panseuse qui lui tend déjà de quoi faire un surjet. Pendant que son interne referme la cicatrice abdominale, Edouard Goffin, cinquante ans, professeur agrégé de gynécologie- obstétrique à la faculté de médecine de Tourmens, jette ses instruments dans le haricot metallique, s'écarte de la table d'intervention et tend les bras à l'horizontale. L'aide-soignante qui ne le quitte pas d'une semelle se précipite pour lui ôter ses gants, sa blouse et son masque. Il salue l'anesthésiste, remercie la panseuse, encourage une dernière fois l'interne et quitte le bloc. Quelques minutes plus tard, dans le vestiaire où il vient de remettre son costume, Goffin se plante devant le miroir et, hochant la tête d'un air satisfait, ajuste son noeud papillon
Morceau choisi :
--Bref, tout ça pour vous dire que les assassinats, les viols, les escroqueries, on sait très bien ce que c'est , même si on ne les pratique pas tous les jours, parce qu'onarrête pas d'y penser, on n'arrête pas de les imaginer, ça touche notre imaginaire le plus secret, et c'est ça qui nous fait frissoner. ...Alors, quand il passe un film ou un feuilleton policier, on le regarde, même si ce n'est pas terrible, parce qu'on espère toujours qu'on va y trouver quelque chose, un personnage, une anecdote, une image qui va chatouiller la zone où on cache nos petits crimes parfaits à nous, et nous donner le frisson..
(P.85) , Touche pas à mes deux seins, Martin WINCKLER, Editions Le Seuil, 2001.
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