Mildred Pierce, James M.Cain
Mildred Pierce est un sacré bout de femme: En pleins tourments provoqués par la crise de 1929, elle décide de divorcer estimant que son mari Bert, est non seulement un homme infidèle mais de surcroît un sacré fainéant. Il lui faut alors s'assumer elle et ses deux filles coûte que coûte, même si cela signifie être serveuse dans un restaurant , ce qui à l'époque n'est pas très digne. Mais Mildred a un tout autre talent qu'elle va savoir exploiter pour gagner sa vie: Elle sait cuisiner de fabuleuses tartes qui vont très vite rencontrer un vif succès et lui permettre d'ouvrir un, puis plusieurs restaurants. Ainsi, Mildred s'enorgueillit de pouvoir gagner sa vie grâce à ses propres dons mais espère surtout enfin allumer une lueur de respect et d'estime dans les yeux de sa fille ainée, Véda, jeune peste avide pour qui seuls comptent le luxe et "les relations". Pour cette fille qu'elle idolâtre, Mildred ira même se jeter dans les bras de Monty Beragon, jeune aristocrate oisif qui admire ses belles jambes.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui relate les vicissitudes de cette femme courageuse et brave dont la seule faiblesse est son amour viscéral et même sacrificiel pour sa fille capricieuse et trop gâtée, qui la ménera à sa perte. La tragédie est tapie derrière chaque page sans que pour autant elle ne montre son vrai visage, mais ce roman écrit par l'auteur du "Facteur sonne toujours deux fois " n'est pas qu'un roman noir qui ne dit pas son nom, c'est également un portrait de femme réussie accompagné d'une critique sociale indéniable: Les quelques pages dévolues à la recherche d'un travail par Mildred sont exemplaires et mémorables tant elles dévoilent tout à la fois le caractère énergique et opiniâtre de l'héroïne mais aussi la difficulté de subsister pour une femme élevant seule ses deux enfants en ces temps de crise où le chomâge atteignis des records historiques encore jamais battus depuis (enfin jusque là.....).
Histoire d'émettre un bémol, je regretterais cependant le caractère trop excessif, trop odieux du personnage de Véda, qui nuit peut-être trop au réalisme de l'histoire. Mais cela reste un détail.
Un livre émouvant que je conseille.
Histoire d'émettre un bémol, je regretterais cependant le caractère trop excessif, trop odieux du personnage de Véda, qui nuit peut-être trop au réalisme de l'histoire. Mais cela reste un détail.
Un livre émouvant que je conseille.
Premières Phrases:
" En ce printemps de 1931, sur une pelouse de Glendal (Californie), un homme taillait des arbres. C'était un long travail car il devait d'abord élaguer les branches mortes , puis enrouler des tampons de toiles autour des tiges minces, lier le tout avec des ficelles qu'il fixait au tronc poour soutenir à l'automne, le poids des "avocats" murs. ."
Morceaux choisis:
«Mildred, prenant soin d'écrie lisiblement, donna ce qui lui sembla être une abondance ridicule de renseignements sur elle-même, depuis son âge, taille, poids et nationalité jusqu'à sa religion, éducation et situation conjugale exactes. La plupart des ces questions lui parurent sans intérêt et quelques unes indiscrètes. Cepedant, elle y répondit. Quand elle arriva à "Quel travail désirez-vous?" elle hésita. Quel travail désirait-elle? N'importe lequel pourvu qu'il rapportât mais en toute franchise, c'était impossible à écrire. Elle écrivit donc "réceptionniste". Comme pour la "diététicienne", elle ne savait pas très bien ce que cela signifiait, mais elle l'avait entendu prononcer ces dernières semaines et, somme toute, il sonnait bien.."
(p.62)
«De plus, elle était trop humaine et les affronts qu'elle avait essuyés de la part de Monty réclamaient une revanche. Elle commença à lui donner des ordres: les timides reqêtes de conduire Véda chez Mr. Hannenn , afin qu'elle n'ait plus à prendre l'autobus, devinrent impératives; elle lui notifia préremptoiremnt quand il devait venir, quand il devait être de retour, s'il devait prendre son repas au restaurant ou à la maison, l'heure à laquelle elle le rejoindrait. De mille façons insignifiantes, elle montra qui'elle le méprisait d'accepter son argent et lui, de son côté, ne fit rien pour arranger les choses. Monty, malheuresuement, était comme Bert. Un changement catastrophique avait bouleversé sa vie et il était totalement incapable de s'adapter aux nouvelles circonstances."
(p.228)
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