Les autres, Alice Ferney

Publié le par pacocado

Un titre que m'avait conseillé une amie. Le livre est de surcroît un bel objet dans la très belle collection BABEL. Allez, je craque....
L'idée de départ est très originale: Une famille se réunit pour une soirée d'anniversaire. Un jeu de société est offert à cette occasion  et auquel l'assistance va jouer,  jeu qui consiste à révéler à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent. On imagine alors sans peine les dangers potentiels que peut exercer ce jeu sur les susceptibilités de chacun.
La soirée va en effet virer au jeu de massacre, les secrets de familles vont éclater,  et  le jeu va finalement se révéler avoir un rôle de catharsis sans doute salvateur pour  tous les personnages engoncés dans leur problèmes d'identité.
Autre point atypique:
Alice Ferney a divisé son livre en 3 parties: "choses pensées",  "choses dites" et choses rapprochées", chaque partie relatant les mêmes évênements, mais sous des formes différentes, la première avec chaque personnage qui devient à tour de rôle le narrateur qui se confie,  la deuxième sous forme quasi théâtrale et la dernière  narrée par  un narrateur omniscient. Malheureusement,  cela accentue l'impression extrêmement tenace de répétition jusque dans l'abus des questions existentielles que se posent les personnages: "Sommes nous seulement ce que les autres font de nous en étant avec nous ce qu'ils sont que nous faisons deux? » (p94). Pertinentes au départ, ces interrogations en deviennent lassantes à force de redondance
, et arrivée à la fin de la second partie, la curiosité s'émousse terriblement et le livre donne sérieusement l'impression de  s'enliser. Je passerais sur les personnages à la limite de la caricature et sur le dénouement simpliste.

Bref un bon début avec la première partie,  mais c'est bien tout.


Premières Phrases:

"Claude et moi nous marchons sur des graviers en direction de la porte-fenêtre où une lampe fait un halo d elumière.Je sais que ma façon de me tourner vers lui revèle une adoration exagérée qui étonne.C'est un effet de ma volonté: je m'efforce vraiment d'aimer. Je lui demande: Tu es souvent venu ici n'est-ce pas? Sa réponse se perd dans le bruit que font nos pas. Crr crr crr."


Morceaux choisis:

« Qui n'est pas susceptible? Qui peut entendre les critiques en souriant? Très peu de gens sont capables d'écouter une remarque ou un reproche qui engage leur être sans éprouver aussitôt du mécontentement, un grand déplaisir, et de la colère contre celui qui leur parle. Je suis sûre de cela. L'expérience est simple à mener: Essayez de pointer le nez d'un ami sur son défaut le plus criant.Adressez-vous à lui avec douceur et gentillesse, mais franchise, sans éluder, puis regardez sa tête: déconfite, furieuse. Il vous en veut déjà...Et quelque chose est détruit entre vous, la canduer, l'idée qu'on se faisait de soi, irrémédiablement annihilée par une seule parole. Un mot qu'on a laissé s'envoler ne se laisse plus jamais rattraper par l'aile." (p63)











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